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En faire plus avec moins

Dernière mise à jour : 29 nov. 2023

Les organismes de bienfaisance font face à une demande grandissante pour leurs services, mais leur financement reste inchangé.

Par Camila Lewandowski


Même si la cuisinière du café des ainés était partie en vacances pour deux semaines, les résidants du quartier faisaient quand-même la queue à la réception du Centre du vieux moulin de LaSalle (CVM) afin d’acheter des plats congelés à faible prix.


Au cours de la dernière année, se sont plus de 9000 visites qu’a enregistré le café des ainés qui ne cesse de voir son achalandage croître. Ses plats congelés à cinq dollars attirent de plus en plus de résidants avec des menus variant de fusilli à la sauce rosée à du pâté de poulet.


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Le CVM est un organisme de bienfaisance qui se spécialise dans l’inclusion et l’amélioration des conditions de vie des ainés de LaSalle.

« Ce qui est plus difficile, » enclenche Émilie Laplante, la coordinatrice au développement social du CVM, « c’est de répondre aux besoins qui se multiplient dans la communauté et aux enjeux de pauvreté qui changent. »


CanadaDon rapporte qu’au Canada, une grande proportion des organismes de bienfaisance peine à répondre à la demande pour leurs services. En effet, selon le rapport annuel des dons 2023, plus de 40 pour cent des associations caritatives ont observé une augmentation constante pour leurs services depuis le début de la pandémie de coronavirus.


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Laplante explique que le CVM reçoit à chaque année la même somme d’argent des bailleurs de fonds, malgré que l’organisme desserve de plus en plus d’ainés. En date de fin juillet, pratiquement tous les 60cours et atelierssont complets pour la session d’automne qui commencent à la fin septembre.


« Je me ramasse avec un modèle où j’ai des listes d’attente pour tous mes services, » dit Laplante.


La coordinatrice au développement social explique que l’organisme doit toujours faire plus avec moins alors que le financement et les subventions ne s’indexent pas au taux d’inflation actuels. « Mais, » elle dit en touchant le bois de la table du café des ainés, « on réussit à avoir une stabilité financière malgré tout. »


« Pour avoir cette stabilité-là, on travaille fort, » Laplante rajoute en riant.


Elle explique aussi que le CVM ne suit pas nécessairement tous les ainés dans leur cheminement de vieillesse. C’est-à-dire que parfois, l’organisme sert de levier vers un autre service de soins de santé, telle la résidence en CHSLD ou l’accès aux soins à domicile.


De plus, l’organisme rejoint plusieurs personnes délaissées par le réseau de santé

québécois. En effet, plusieurs ainés du quartier ne répondent pas aux critères exigés pour bénéficier des programmes offerts par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Ainsi, le CVM évite que des ainés de LaSalle tombent entre les craques.


« On sait que si on n’est pas là, les choses s’écroulent, » dit Laplante. « On est pas en train de mettre des plasters, » elle rajoute, « on fait des changements à caractère de transformation sociale. »

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